Les prévisions des responsables qui veillent aux incidences du comportement des oiseaux en ville, rappelées dans le texte du 11 janvier, se sont réalisées. Un puissant vol d'oiseaux de mer est venu rafler les morceaux de pain de la distribution gratuite d'hiver. Rien de cette générosité n'a néchappé à l'observation de quelques mouettes de la Vilaine et de plusieurs hardis goélands. Demain, ils seront capables de venir réclamer leur dû. De véritables racketteurs.
Cette fois les pies, si dominatrices il y a quelques jours, n'ont rien pu faire. Trois d'entre elles, médusées, mortifiées, sont restées figées en haut d'un cerisier. Seul un pigeon ramier bien gras a poursuivi au sol sa ripaille, comme un ayant droit dont rien ne peut entraver la position d'allocataire indubitable.
La razzia opérée, deux corneilles sont passées timidement pour constater qu'il était trop tard. Les merles à petits sauts, les moineaux en famille se sont approchés pour voir si quelques miettes avaient été oubliées. Vaines gesticulations de frustrés. Seules les mésanges, en quête expéditive de quelque insecte sur un bourgeon naissant sur la cime du frêne ont paru totalement étrangères à l'événement. Des dinosaures qui ne se seraient pas développés, les mésanges ? Difficile à imaginer, même si les scientifiques ont raison. Pour les goélands, il est plus aisé d'y croire aujourd'hui.