Il faut être issu, comme l'un de nos vieux amis, d'un père corse et d'une mère bretonne pour "adorer" la Bretagne sous le soleil et sous la pluie. Nolwenn Leroy chante les paroles de Jean-Michel Caradec : Grand-mère lavait nos chemises / Au lavoir près de la remise / Le chat faisait le gros dos sur l'âtre au coin du feu / Qu'elle est belle ma Bretagne quand elle pleut.
Sur les trottoirs, les employés de la ville roulent le décor fané du théâtre estival. Me reviennent en novembre les Pensées d'octobre de Jean Follain, le natif de Canisy, dans Territoires (p.140, Gallimard). Un recueil si souvent feuilleté. Ses pages planent et s'affalent sur le parquet chaque fois que le vieil homme tente de s'en saisir. Un poète sur mesure pour le lecteur à la mémoire terricole.
PENSÉES D'OCTOBRE
On aime bien
ce grand vin
que l'on boit solitaire
quand le soir illumine les collines cuivrées
plus un chasseur n'ajuste
les gibiers de la plaine
les sœurs de nos amis
apparaissent plus belles
il y a pourtant menace de guerre
un insecte s'arrête
puis repart.