Malgré sa définition originelle, liée à la période du 24 juillet au 24 août, au cours de laquelle Sirius (canicula, la petite chienne) se lève et se couche en même temps que le soleil, le terme canicule a été abondamment appliqué, dans son usage courant, au début de cet été 2015.
La saison s'est présentée d'emblée sous la chape d'une chaleur si torride que je sursois à la publication des paragraphes prévue pour aujourd'hui. Leurs phrases se dérobent à mes yeux comme une flamme au rythme de l'actualité. Le climat, qu'il se modifie principalement par l'évolution de la terre dans le système solaire et, dans une proportion âprement discutée, par le développement de la biosphère, n'est pas seul objet d'embrasement. Le désir iranien camouflé de concocter une bombe fait monter la fièvre des négociateurs ; la Grèce semblerait décidée à faire exploser l'Union européenne ; l'immense territoire qui se déploie du Mali au moins jusqu'au Pakistan n'est-il pas en train de couver une fournaise ?
Avant de proposer mon interprétation de la vie humaine et de sa guerre endémique, je prends la précaution de livrer une sorte d'instantané, placardé au fronton de mon site Internet le 29 mai dernier. L'agnostique n'est pas un homme de croyances. Ce qui suit ne peut être confondu avec une profession de foi.
L'univers évolue sans arrêt vers une diversité et une complexité prodigieuses.
La planète bleue tisse son histoire. Son fil de chaîne : des réalisations techniques, artistiques et morales sublimes ; son fil de trame : une violence cosmique, biologique, intra-humaine quasi structurelle.
Le marin, conscient de ses liens et de sa finitude, s'éveille enrôlé au milieu d'une étrange navigation pour y tenir un poste, dans les orages comme sous le soleil.
Aucun indice satisfaisant d'une communication avec un indiscernable port d'appareillage ou avec un havre de destination ne l'oriente. L'équipage fluctue entre les mille fables que chantent les sirènes : tour à tour la bienveillante création et le grand tout indifférent.
De bon cœur, en joyeux compagnon, le navigateur applique sa volonté à l'itinéraire inéluctable qu'impose la turbulence insoupçonnable des flots.