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Pour le fond, ce blog, résolument textuel, aura l'aspect de regards sur une ville aimée et de digressions. Pour la forme, il aura une préférence pour des fragments, ce genre estimé de Roland Barthes ; il ne sera pas sans complicité non plus avec la diversité des figures, des hétéronymes que généra Fernando Pessoa, l'écrivain portugais. Barthes et Pessoa se gardaient ainsi de toute volonté de persuasion.

APRÈS TOUT, POUR VOIR … UNE 108ème CONTRIBUTION

Publié le 12 Mars 2015 par Lesnen PetitsBois

Le 28 août 2014, j 'ai fait mes adieux à Overblog, en remerciant cette entreprise de l'accueil gratuit et sans affichage de publicité, qui m'avait permis, à ma grande satisfaction, d'y déposer de temps à autre un texte mis au propre. Je pouvais toujours y renvoyer un proche ou un ami, en lui disant : "Au fond, si tu veux savoir où j'en suis sur ce sujet, va voir mon blog, à telle date." C'est arrivé. N'ayant aucunement l'intention de récolter le moindre kopeck d'une publication dont je suis à peu près le seul lecteur et n'ayant pas davantage le dessein de cotiser pour éviter des annonces incontrôlables, plein de reconnaissance, j'ai pris la tangente.
Aujourd'hui, je me dis que chaque fois que je veux lire un journal sur Internet, je dois cliquer pour congédier des annonceurs et ils ne s'en vont pas tous …. Au fond, s'il ne s'agissait que de cela avant d'avoir accès à mes pages, ce ne serait peut-être pas si fâcheux. Essayons. Voici donc quelques paragraphes, à l'occasion de ce réveil.
Au cours de l'hiver, les corneilles ont afflué sur un cerisier dénudé de notre place arborée. Elles attendent l'heure du restaurant du cœur pour les oiseaux. Le moment venu, elles fondent sur de gros morceaux de pain, en se chamaillant. Les autres volatiles s'effarouchent dès qu'elles graillent. Seuls les goélands, qui surgissent parfois comme une descente de police, semblent intimider ces mendiantes à la patience incommensurable. J'ai écrit corneilles. Mais en sont-elles vraiment ? Elles n'ont rien à voir avec le grand corbeau, corvus corax, au bec gris clair. Cet oiseau impressionnant pèse environ 1 kg et peut déployer jusqu'à 1,50 m d'envergure. Il marche sur le sol et croasse. Il ne s'approche pas des villes et il est charognard. Dans l'ouest, il se ferait rare sur les bords de mer bretons et dans le Cotentin. Notre hôte doit bien être la corneille noire, corvus corone, au bec noir ou gris foncé. Elle sautille et graille ou craille. Elle pèse environ 500 grammes, s'adapte aux villes, fait les poubelles. Mais ma corneille marche sur dallage, comme le grand corbeau ! Le choucas, coloeus monedula, petite corneille à nuque grise, qui affectionne les carrières, les tours, les clochers et les châteaux, se reconnaît à la base grise de son bec, dépourvue de plumes et aux reflets bleuâtres de son plumage. Quant au corbeau freux, corvus frugilegus, (450 grammes), visible dans le bocage, il a adopté le milieu urbain et cherche lui aussi sa pitance dans nos ordures ménagères. Merci aux ornithologues passionnés et compétents qui nous renseignent si bien sur la toile.
Je tiens aussi à informer un éventuel lecteur sur le parapluie londonien d'Ernesto, tout en exprimant la raison pour laquelle je me sentirais si bien dessous. Je longeais les Pyramides, à proximité de la Cité judiciaire, et j'étais une fois de plus émerveillé, non seulement en raison de Guizèh et de l'Ancien Empire qu'évoquent ces immeubles, mais aussi par la simplicité des lignes grâce à laquelle l'architecte a pu y renvoyer. C'était un jour de pluie, j'ai rencontré Ernesto, et j'ai pu examiner de plus près son acquisition londonienne (blog du 15 août 2014). Eh bien figurez-vous que le pépin d'Ernesto est de fabrication française, d'une excellente qualité. C'est une entreprise de Saint-Claude qui l'exporte en Angleterre depuis bien longtemps. La patronne de la très sérieuse boutique spécialisée du boulevard de la Liberté me l'a assuré. Surcouf doit encore se gondoler autant que moi du voyage d'Ernesto chez les Britanniques pour se payer un parapluie français.
Quelques brèves pour finir. Les chantiers de la seconde ligne de métro sont admirablement tenus. C'est un grand motif de satisfaction pour les riverains. - Le jardin de la Confluence est maintenant achevé. Ses réalisateurs se sont battus pendant des mois dans la bouillasse pour livrer aux flâneurs ce lieu de rencontre de la Vilaine, du bras sauvage de l'Ille, des rêves pacifiques des humains et des petites mouettes grises. - En nombre croissant les rues de notre ville portent le double affichage en français et en breton : voilà une matière à réflexion. - Je m'apprêtais à prendre la défense de l'œuvre de Lois Weinberger, à savoir des 1000 pots d'herbes sauvages, tassés les uns contre les autres et livrés à la nature, sur l'esplanade sud de la gare. J'avoue qu'ils n'ont gère de mine en cette fin d'hiver. J'y reviendrai sans doute, ici ou ailleurs, parce que j'ai vu un film remarquable sur la vie et l'œuvre de Marcel Duchamp et cela a fait bouger une nouvelle fois mon regard sur l'art contemporain. Le DVD de la collection DVD Phares, Marcel Duchamp, iconoclaste et inoxydable, film de 180 minutes, en trois parties, par Fabrice Maze, avec, comme Bonus, des entretiens de Monique Fong, J.-J. Lebel, Paul Matisse, Patrice Quéréel, Arturo Schwarz, Michael Taylor, et avec un livret de 88 pages, permet de mieux situer la place de Duchamp dans la constellation actuelle de l'art. - A propos des travaux d'EuroRennes, requis par le passage au réel de la Ligne à grande vitesse, un opposant à cette modernité a écrit sur un mur de l'ancienne maison d'Editions Lendroit : "Faites l'amour, pas la gare." Les graffiti vous apportent parfois un petit bonheur.

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