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Pour le fond, ce blog, résolument textuel, aura l'aspect de regards sur une ville aimée et de digressions. Pour la forme, il aura une préférence pour des fragments, ce genre estimé de Roland Barthes ; il ne sera pas sans complicité non plus avec la diversité des figures, des hétéronymes que généra Fernando Pessoa, l'écrivain portugais. Barthes et Pessoa se gardaient ainsi de toute volonté de persuasion.

PLUTÔT ENFILER LA VENELLE

Publié le 28 Août 2014 par Lesnen PetitsBois

Surtout pas d'anathème contre la finance, le monde capitaliste, l'universelle contamination par l'argent. N'arrive-t-il pas que certains retournent leur veste, après avoir excommunié le dieu dollar ? De préférence, levons le camp à l'aube.

Tout auteur publié apprécie le versement de ses droits, comme il reconnaît ceux des éditeurs de la presse en ligne à proposer des abonnements payants.

Pourtant, depuis fort longtemps et de plus en plus, les commerçants offrent une tranche gratuite de leur marchandise, en escomptant pousser le client aux emplettes. Ainsi des prestataires d'accès offrent-ils en prime aux internautes abonnés un petit espace gratuit pour réaliser un site du type pages perso, sans le grever d'aucune publicité. Les hébergeurs qui se sont spécialisés dans la gestion des mégaoctets réservés aux blogueurs ne jouent pas exactement dans la même cour que les précédents.

L'équipe d'Overblog ne vit certainement pas de l'air du temps, mais comme tous les travailleurs, de revenus dont le détail m'échappe. J'en ai seulement quelque idée après avoir lu le gros ouvrage de Daniel Ichbiah, Les Nouvelles Super Puissances, First Editions, 2013. Constatant que la start-up (ou l'entreprise numérique) qui me tient lieu d'hôte depuis le mois de décembre 2012 offrait un terrain gratuit aux blogueurs qui le souhaitaient sans les astreindre à supporter de la publicité, j'y ai déposé plus d'une centaine de textes. J'exprime ici ma gratitude envers la Direction d'Overblog pour m'avoir ouvert cette sorte de jardin familial en bordure de la ville. J'y éditais des fragments en me contraignant à la mise au propre convenable de mes fantasmes du moment. En outre, j'y renvoyais tel ou tel de mes amis après un échange ou en vue d'une explication qui se développait hors ligne.

Très sollicité par les rencontres familiales et amicales de la présente saison, je suis resté, malgré mes intentions, plus de 45 jours sans me manifester. J'ai donc subi la sanction prévue dans le contrat. Des bandeaux anxiogènes, qui devaient s'effacer dès l'apparition d'une nouvelle contribution, ont été plaqués sur mes pages. Ainsi, on venait de détecter un intrus dans ma machine … Or, mon logiciel de sécurité, qui a analysé la situation, m'a rassuré complètement. J'ai vite chargé un nouveau texte et j'ai cru liquider ma peine à bon compte, mais une alerte clignote toujours. Dès que j'ouvre les pages de mon blog, comme n'importe quel lecteur, un bandeau menaçant me prévient que mon Note-Book comporterait des erreurs et doit être réparé. Il se trouve justement que cet ordinateur portable sort d'une complète remise à jour par un informaticien professionnel très averti. La visite d'aucun autre site sur Internet ne déclenche de semblables semonces. En réalité, au cours de ce mois d'août, un message m'a informé que la rentrée des blogueurs allait connaître de nouvelles conditions.

J'ai appris qu'en consentant à l'offre Premium, payante après une période de générosité, je pourrais soit gagner de l'argent, soit évacuer toute publicité de ma clairière. Je ne fulmine pas là contre. Le monde suit inéluctablement sa pente. Heureux d'avoir pratiqué une sorte de camping sauvage sur Overblog, en disant merci et sans la moindre acrimonie, je vais faire mon sac.

Je renvoie maintenant mes rares lecteurs au site Un Tracé dans l'incertain. Ils y trouveront bientôt dans le sommaire un sentier pour accéder à mes voyages imaginaires. Il y sera sûrement question d'une vache nommée Margueritte avec deux t et aussi des rues de ma ville, dont l'appellation courante est doublée en breton, de la marche au dahut selon Ernesto sur des trottoirs de plus en plus inclinés et de tant d'autres sujets, comme de mon nouveau bréviaire, écrit par un réalisateur new-yorkais adulé en France … si du moins la Nature m'est bienveillante durant l'automne.

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