Em savaged - Pobl Breizhek 1675
Promenade des BONNETS ROUGES
Mouvement Populaire Breton 1675.
Quel calme sur la promenade. Une grand-mère accompagne un petit garçon sur trottinette. Une liseuse sous ses cheveux noirs et frisés, assise sur un banc. Un coureur, deux filles et un chien. Le souvenir du frémissement automnal des aulnes, les girations des gallinules.
Un papillon noir s'est posé au sol. De chaque côté une barre brisée, couleur orange. On dirait le vulcain, vanessa atalanta.
La Vilaine s'apaise. Nous l'avons vérifié le dimanche 23 aux lacs d'Apigné. Quel magnifique printemps sur ma ville, dès février, que ces quelques jours écoulés vers la fin de ce mois d'hiver trempé. Les jonquilles déploient leur long tapis au pied des Pyramides. Sur le gazon de la Cité judiciaire, les bulbes des crocus printaniers ont lâché le blanc, le jaune, le violet sous les chênes des marais et près de la Maison de retraite du Colombier. A Villeneuve, les bulbes ont éclos sous l'immense charme. Décapsulées les ogives incurvées d'un magnolia attendent quelques degrés supplémentaires pour exploser sur place en une nuit. Déjà les trilles des oiseaux aux amours. Sur les bords de la voûte bleue les nuages des giboulées de mars en trois D, bien rangés, à disposition pour un clic.
Je ne me sens pas programmé pour une civilisation bâtie sur les coups et le sang. René Girard a si bien écrit sur le sujet. L'humanité est née en Afrique. "NOUS SOMMES TOUS DES AFRICAINS" pour Michel Brunet, le découvreur de Toumaï, issu il y a sept millions d'années, là où le savant paléontologue Yves Coppens ne l'attendait pas. Si nous malmenons un seul des membres de notre espèce, nous armons le barillet de nos malheurs. Je renvoie au chapitre "Inaliénabilité du sujet humain", dans la IIIème partie, Repères, de mon livre sur Internet, Un Tracé dans l'incertain.
Je ne désigne donc pas l'ennemi, alors que selon Alain Badiou, dont j'ai vanté le petit ouvrage sur l'amour, cette précaution est essentielle en politique (pp. 64 et ss). Je ne connais pas d'ennemi. Je connais des êtres mal informés sur la brève traversée de notre petite étincelle dans le foyer de l'histoire de l'univers. Et qui leur en voudrait ? Il faut tellement de temps pour comprendre un peu ce qui importe dans l'existence. Pion infime sur le théâtre des opérations où les vrais ennemis s'affrontent et se massacrent, je joue le rôle inchangeable qui m'a été dévolu : observer cette bêtise de la violence du monde, dont, en agnostique, j'ignore l'initiateur.