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Pour le fond, ce blog, résolument textuel, aura l'aspect de regards sur une ville aimée et de digressions. Pour la forme, il aura une préférence pour des fragments, ce genre estimé de Roland Barthes ; il ne sera pas sans complicité non plus avec la diversité des figures, des hétéronymes que généra Fernando Pessoa, l'écrivain portugais. Barthes et Pessoa se gardaient ainsi de toute volonté de persuasion.

LE LÂCHER PRISE DE FRANÇOIS ROUSTANG

Publié le 4 Décembre 2013 par Lesnen PetitsBois

Jubilation. C'est le mot. En juin 2013, j'ai téléchargé une émission, Les Racines du ciel, de Frédéric Lenoir et Leili Anvar, consacrée à une interview de François Roustang, datée sur France Culture du 21 octobre 2012 : Connaissance de soi et désintérêt de soi. Je l'ai réécoutée à loisir et je me suis empressé de lire l'un des ouvrages de l'auteur invité, Il suffit d'un geste, Odile Jacob, 2003. Une connivence inouïe. Je n'ai pas découvert en la circonstance un maître, un gourou. Sa compétence personnelle a beau m'éblouir, j'ai eu l'impression que ce François-là se présentait plutôt aux autres humains comme un compagnon de route. Vous n'avez pas plus à vous glisser dans son modèle que la France contemporaine dans celui de l'Allemagne. Mais à son contact, vous n'avez qu'une envie, accompagner en vous la poussée de la vie.

Le parcours de François Roustang. - La dernière mutation opérée par F. Roustang, comme le remarquent ses interviewers, ne s'est produite qu'à l'épreuve d'un long parcours. Lui-même concède qu'il n'aurait pas tenu, il y a vingt ans, ses propos actuels sur l'amour. D'abord jésuite, F. Roustang, né en 1923, publia Une Initiation à la vie spirituelle en 1963. On le retrouve, d'après Wikipedia, de 1965 à 1980, psychanalyste, membre de l'Ecole freudienne de Paris de Jacques Lacan. Sur le divan de Serge Leclaire, pendant deux ans, il s'est sans doute livré au débit des associations libres qui font émerger le vécu, parfois très ancien, dans la parole. Un article, Le troisième homme, qu'il publia en 1966 dans la revue Christus, fut le déclencheur ou la marque ou le symptôme de sa rupture avec la foi. Mais, je crois comprendre qu'en étudiant dans l'Ecole freudienne les rapports maître-disciple et en approfondissant le thème jusque dans la vie de Freud lui-même, il découvrit une sujétion dont il convenait de s'affranchir. Il prit progressivement le large par rapport à la psychanalyse elle-même. La rupture est consommée en 1986, date de la publication de Lacan, de l'équivoque à l'impasse, Editions de Minuit. F. Roustang s'est s'intéressé de plus en plus à l'hypnose, mais là encore il convient de bien saisir ce qu'il signifie en utilisant ce terme et plus précisément dans sa pratique thérapeutique. Il n'a cessé de différer. Des interviews et des textes sont toujours disponibles sur Internet et permettent à chacun de se faire une représentation de son itinéraire.

En l'écoutant et en lisant un seul de ses livres, je me suis découvert, à un âge avancé, en empathie profonde avec sa compréhension de la vie. J'en suis donc à rendre compte dans cette livraison de mon troisième coup de cœur estival. Un long parcours dans la religion, une élucidation personnelle avec relaxation touchant à l'auto-hypnose, commencée dès la fin des années 60, la composition, au milieu des années 80, d'un roman jamais publié, une sorte de rêve éveillé, mais qui a tenu le rôle que tient l'hypnose dans la perception que F. Roustang a de la vie, une rupture en 1987 avec les engagements demandés à l'enfant et au jeune adulte immature, la publication en 1991 d'une autobiographie dans laquelle je me suis raconté avec ce souci de soi bien occidental, le large enfin pris par rapport à l'institution éditoriale elle-même, lorsque je risquais de pédaler de nouveau sous tutelle, soit dans l'exégèse soit dans la littérature, l'écriture d'un texte jamais publié, mais plus significatif que ceux qui l'ont été, et jeté sur Internet, pour le seul avantage de la mise au propre, et dont le titre est Un Tracé dans l'incertain, m'ont conduit sur les chemins de la déprise dont parlait F.Roustang dans l'émission entendue.

Le texte qui suit n'est pas un exposé fidèle de la pratique thérapeutique de F. Roustang. Dans la reprise d'une émission et le survol d'un seul livre, vous allez retrouver beaucoup de pierres volées à son propre édifice et réemployées. Je ne vais utiliser les guillemets que pour quelques citations complètes.

Vers le désintérêt de soi. - On ne peut guérir en se racontant à l'infini, en reconstituant le passé, en cherchant les raisons pour lesquelles on a agi.. Tel David qui a fait tuer Urie le Hittite, sous les murs de Rabba des Ammonites, pour lui ravir Bethsabée et revient sur sa faute dans le Miserere (Ps 51), tel saint Augustin. Fausse piste. Ce souci de soi est profondément ancré dans notre civilisation occidentale au moins depuis Descartes. Notre XVIIIe siècle nous a conduits vers l'individualisme actuel. Peut-être les Chinois eux-mêmes, d'une tout autre culture, sont-ils en train d'être contaminés par cette préoccupation. Le prurit occidental du développement personnel qui nous fait rentrer en nous-mêmes mène dans l'impasse. Ma psychologie, dit F. Roustang, ne m'intéresse pas. Cela ne vaut pas la peine de passer cinq minutes à se connaître ! Pour lui le psychisme n'existe pas comme réalité distincte du corps. Il convient de s'investir présentement dans l'agir. Cessez de surplomber votre existence pour essayer de la comprendre. Surtout ne citez pas Socrate à l'appui de cette introspection. Socrate n'est pas un rationaliste. Son but n'était pas de conduire les gens vers la vérité. C'est un ironique. Sa fin : vous déstabiliser. Socrate vous narcotise, il est la torpille (narkê). Il vous fait perdre la tête. Socrate est celui qui vous conduit à reconnaître que le seul savoir est de savoir que l'on ne sait pas. On ne peut réorganiser son existence que si l'on fait un saut dans l'inconnu, dans le vague, dans l'incertain.

Une vie à deux niveaux. - On ne pourrait parler ici qu'improprement d'une théorie ou d'une structure de la connaissance humaine. F. Roustang distingue deux états de notre appréhension du monde.

D'abord celui de la perception. La perception est à l'échelon du vécu habituel, celui de la vigilance restreinte. Elle trace des frontières entre l'observateur et l'observé. Un humain assiste à une conférence dans une salle. Il voit, entend, sent et ressent des choses claires, dont il se distingue, qu'il s'agisse des mots prononcés et du sens qu'il en déduit, de la répartition des auditeurs dans l'amphi, de l'éclairage en panne de l'une des lampes. L'auditeur exerce sa maîtrise face à ces objets divers. Son appréhension est successive, partielle, discontinue, atomiste en quelque sorte. La perception consiste en une vigilance réduite où domine la maîtrise de l'appris et de la pratique. "Depuis qu'il a obtenu l'accès à la conscience de soi … il (l'être humain) a découpé le réel en petits morceaux isolés et friables, espérant ainsi les mieux maîtriser et les plus facilement reconstruire." Au plan de la vie courante, il a des projets, il lui faut voir, entendre, sentir et interpréter ses sensations pour s'adapter à la réalité avant d'opérer des transformations dans son cadre de vie, par son travail.

L'autre étage de l'existence humaine est celui de la perceptude. Le néologisme n'est pas de F. Roustang. Ni de Ségolène Royal. Il a été inventé par Jean-Louis Lamande. Dans la même situation de la salle de conférence, une multitude d'impressions qui ne viennent pas à la conscience explicite de l'auditeur vont toutefois être déterminantes. Le nombre des présents, s'il était la moitié seulement ou le double, créerait une autre atmosphère. Certains dans l'assemblée se connaissent ou sont coutumiers des lieux. Les réactions de tel ou tel vont modifier l'écoute de tel ou tel autre à son insu. Tout cela crée un climat, subtil et puissant, qui influe sur l'existence tout entière de l'auditeur. Ce type de perception, la perceptude, se caractérise par la continuité, la prise en compte de tous les liens avec le monde. La perceptude est holiste versus la perception qui est atomiste. A ce niveau de sa vie, l'auditeur de la conférence n'est plus un observateur fixe face à des objets, mais il participe d'un territoire qui existe avant lui, qu'il ne produit pas, dont il n'a pas la maîtrise, dont il devient une part insécable en s'y fondant au mieux, avec souplesse, comme le nouveau-né entre dans le monde en mouvement, mais déjà constitué et s'y insère. Comme la plante qui germe et cherche le soleil parmi les autres végétaux. L'humain, à ce niveau est poète, résilient, en continuelle création et évolution. La perceptude garde les liens de fond, c'est le niveau de la vigilance généralisée.

Quand il s'est mis à vivre au degré habituel de la perception, celui de la vigilance restreinte, l'humain a quitté la perceptude initiale du nourrisson. Il arrive là qu'il s'épuise, se rigidifie, s'enchaîne dans ce processus, se dessèche. C'est qu'il a construit à ce plan un édifice très compartimenté. Si quelque chose est bloqué dans sa vie, si rien ne coule plus, il lui convient de quitter cet artefact. "Il lui faut donc par exercice et apprentissage revenir aux liens qui le rendent un moment semblable à l'animal, car c'est là seulement qu'il peut trouver ou retrouver quelque chose d'une harmonie, d'un accord ou d'une participation, bref c'est là seulement qu'il lui est possible de partager la circulation de la vie, donc d'être vivant."

La perceptude, à l'inverse de la perception, exige que l'humain renonce à ses intentions, à ses projets, qu'il cesse de réfléchir, de se demander à quoi il pense, d'enregistrer ses émotions et ses sentiments. Il importe qu'il redevienne une surface indifférenciée, accueillante aux impressions de l'environnement sans y rien choisir. Il laisse venir tout et n'importe quoi, sans y prêter attention. Il entre dans un état d'incertitude généralisée. Les frontières établies dans la perception entre l'observateur et l'observé se sont dissoutes. Toute distance s'est abolie entre lui et les objets. Pas de désir, pas de vouloir. L'humain se remet au commencement où tout est lié. Cette indétermination ne signifie pas le chaos, mais le flottement d'une myriade de connexions qui sont en train de prendre forme et qui portent la promesse des possibles. Chaque humain y occupe bien sa place, mais une place relative, dans le mouvement. La perceptude ne comble rien, elle ne fait pas entrer dans un autre monde, à partir duquel on ajouterait quelque chose à celui-ci. Il s'agit au contraire de procéder par soustraction.

Hypnose égale perceptude. - L'hypnose est le chemin. Elle n'a rien à voir avec celle qui est pratiquée sur les plateaux de la télévision. "L'état d'hypnose, tel que je le comprends, écrit F. Roustang, ne serait rien d'autre que la perceptude. Elle est à la fois ce qui est toujours présent à nos vies et toujours supposé pour que nous puissions appréhender quelque chose du monde environnant. C'est ce que disent à leur manière les praticiens de l'hypnose : il existe une hypnose quotidienne qu'il n'est nul besoin de nommer hypnose, car le moindre geste, celui de la marche, de la lecture ou de l'écriture, pour être accompli avec aisance, suppose l'absorption et l'oubli." Les hypnotiseurs font simplement passer la perceptude au premier plan, comme un contexte qui aurait perdu son texte. Le texte - c'est le plan de la perception - se retrouve repoussé un moment au second plan. Mais l'état hypnotique est partout. L'hypnose aide, car on y tombe dans la confusion : on ne pense plus rien, on ne sait plus rien, on ne veut plus rien. C'est la fin de la maîtrise. Dans le retrait, on laisse du jeu. On transpose dans la vie diurne ce qui se passe dans les rêves où on ne domine rien. L'hypnose doit permettre de retrouver l'unité de la personne.

Il suffit de s'oublier pour que les choses se remettent en place, de se laisser tomber dans sa situation concrète, puis d'accompagner la vie pour prendre sa place à soi. Ignorer tout ce que j'ai, tout ce que je suis et se laisser faire par la vie qui vous traverse. La perceptude étant en permanence la gardienne des liens et nous donnant de rester ensemble dans le monde, faire l'expérience de la perceptude n'est nullement entrer dans un monde à part, c'est tout simplement habiter le système relationnel dans lequel nous sommes insérés.

Ecothérapie - Comment va se traduire cette approche de l'hypnose dans la thérapie ? Comment les choses se passent dans le cabinet ? Je n'ai entendu qu'une émission et je n'ai lu qu'un livre et une seule fois. Je rassemble quelques éléments. Je renouvelle ma précaution : cette livraison expose une empathie. Elle ne vaut pas plus que l'enthousiasme du spectateur d'un film à la sortie d'une séance.

F. Roustang ne se dit plus psychothérapeute, mais écothérapeute. Il pratique une thérapie dans l'environnement et par l'environnement. Pour lui le malade est un bien portant qui s'ignore. Celui qui va mal (phobie, dépression, impuissance, somatisation) doit "refondre le système des relations à partir d'un nouveau centre et d'une nouvelle force, trouver la source d'une puissance qui renverse l'ordre ancien et en provoque un nouveau." Il doit réveiller une puissance endormie, laisser venir la vie comme si c'était au commencement. Mais la peur intervient quand on quitte sa maîtrise habituelle sur son existence. Alors s'exhale la plainte, qui accompagne la résistance à la vie. F. Roustang veut rengainer la plainte sur le passé qui serait en cause dans le présent. Il a écrit La Fin de la plainte, Odile jacob, 2000.

Concrètement, il semble laisser poliment les gens se raconter pendant dix minutes, un quart d'heure. Mais la guérison ne va pas être une affaire de parole sur le passé. Ce thérapeute apprécie Henri Michaux pour qui le langage étouffe la réalité. Le poète malmène les mots, les déconstruit, les reforge, mais non pas pour leur donner un statut définitif, comme dans son édition de la Pléiade. Michaux se sent prisonnier partout, il fait disparaître tous les plafonds qu'il découvre. Il s'est opposé aux surréalistes, car ils ont fait de la poésie un dogme et ont fini par croire qu'il y avait une vérité.

F. Roustang demande sans beaucoup tarder à ses patients quel est le point crucial, névralgique, de leur existence. Quelque chose ne va pas. Où est le nœud ? On est malade de s'être barricadé en soi-même, de l'isolation, de ruminations morbides.

Ensuite, il leur propose de se mettre en présence de cette difficulté et leur demande de laisser venir. Aucun effort à faire. Pas de crispation. Cette tension bloquerait tout. Il n'y a pas à penser. "S'oublier pour que les choses se remettent en place." Le thérapeute crée la confusion qui peut permettre à l'inattendu de surgir. Pour éclairer sa démarche, il cite dans le livre que j'ai lu le peintre Bram Van de Velde. Ne rien faire, attendre que tout se passe hors de la volonté, de l'intellect, laisser monter l'inconnu. L'artiste est sans vouloir. N'être rien, il faut tout lâcher. Il ne fait qu'attendre le surgissement de la vie. "Tout lâcher, c'est se trouver sans appui dans le passé et sans espoir dans le futur, démuni, au plus fort de l'incertitude et du doute." L'espoir ne fait pas vivre, il rend plutôt malade. Il s'agit donc de sauter dans l'abîme. La vie se répand alors au hasard. La transformation se fait lorsqu'on laisse tomber, car la difficulté change alors de contexte. Quand tout s'est effondré, qu'il ne reste plus rien, tout peut advenir. La grande affaire est de se laisser pousser par derrière par la vie, alors que l'on ne peut la prendre, la maîtriser pour s'en servir. "C'est elle qui se sert de nous à sa guise." Mais bien sûr il faut marcher, se remettre en route pour satisfaire la vie.

Alors il suffit d'un geste. Le thérapeute n'a pas la solution. Il ne la propose pas. Il ne s'attribue pas les changements dans la vie des autres. Il ne peut rien pour ceux qui ne peuvent rien pour eux-mêmes. Mais il peut suggérer de faire le geste qui va remettre une vie figée en un ou plusieurs endroits en mouvement, la réinsérer dans le courant. "Les thérapies rassemblées sous le vocable de psychothérapies ne doivent pas être considérées comme des thérapies psychiques, car elles ne sont efficaces, elles n'atteignent leur but que dans la mesure où elles sont un geste." François Roustang paraît très attentif à la position que prend le patient dans le fauteuil. Mal assis, sur le bord, il peut signifier qu'il n'est pas à l'aise dans le monde. Qu'il cherche lui-même sa bonne position. A qui le deuil est interminable, il peut suggérer d'ouvrir les poings et les bras. Un jour, la personne déprimée, dont la trajectoire de la vie est bloquée et qui a vécu près d'une écluse, arrive chez le thérapeute à tourner la manivelle qui libère l'eau enfermée dans le sas et sa vie en est changée, elle se remet à courir comme l'eau d'un fleuve canalisé. "Parce que seul un geste est capable dans sa simplicité de mobiliser et de faire s'interpénétrer l'esprit, le corps, le langage, les autres, l'espace environnant, parce que le geste est seul à pouvoir rassembler tous les éléments qui constituent un monde et à l'inverse être formé par lui." Une suggestion semblable est faite à une personne vivant chez elle dans un désordre indescriptible : priée de se mouvoir dans le cabinet du thérapeute, elle amorce les gestes du rangement en commençant par le plus facile. Une existence a pu alors se remettre à filer aisément en divers domaines.

Attitude dans le flux de la vie plutôt que vision du monde. - Les idéologies se sont effondrées. Ni les religions, ni les fièvres nationalistes, ni le marxisme, ni le freudisme, qui attend sa chute du mur de Berlin, ne tiennent la route. Nous ne sommes que le lieu de passage d'une entreprise qui ne dit ni d'où elle vient ni où elle va. Il y a l'évidence de la vie. Il ne convient ni de lui chercher un sens, ni de lui donner du sens. Inutilité du croire, car la vie n'est pas une religion, parce qu'elle ne recèle aucune vérité, parce que l'on ne peut en déduire des dogmes et des règles. Ou bien on y est ou bien on n'y est pas. Ne pas s'installer dans l'entre-deux qui serait croire que ça va arriver. Si on n'y est pas, il faut attendre. Le sage solitaire ne tient à rien de particulier. "Le solitaire sait que pour l'humain l'essentiel n'est pas d'abord de communiquer ou de retrouver les autres humains, mais de se vider de son propre monde pour laisser place à tout, de devenir une chose liée aux autres choses, et cela à l'infini. Le soubassement du lien social n'est donc pas à chercher dans un ajout qui lierait les humains entre eux. Il y a société humaine, parce que chaque humain est suceptible de créer une aire de circulation, donc une absence, un lieu vide qui conditionne le rythme de tout."

Le jour où vous vous êtes laissé prendre par cette dynamique de la vie, vous savez qu'aimer est quelque chose de gratuit, de donné. Ne pas s'attendre à être aimé. On n'exige rien de sa vie à soi. On a tellement fait le deuil de soi. On n'exige rien de l'autre non plus. C'est la condition pour que ça dure. Si vous ne tenez plus à rien en vous-même y compris à votre vie, la mort prend sa place dans le courant de l'existence. Le jour où vous avez intégré dans tout votre être qu'il n'y a strictement rien à attendre de la vie, de l'amour, que tout cela n'a aucune importance, alors la vie est belle, alors l'amour est sublime.

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N
Merci pour cette belle synthèse. Elle illustre très bien la pensée et la posture de François Roustang.<br /> Nathalie Roudil-Paolucci
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L
Sincèrement, merci ! A l'approche du port, il est devient plus facile de comprendre le raccourci de F. Roustang. Mais la psychanalyse nous a aussi beaucoup appris.
F
Oui ,oui, au delà oui ,le sage est attaché au piquet de l'instant (André Compte Sponville),il est tout simplement..
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L
C'est fait à l'adresse mail survenue !
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