L'homme âgé et soudain fatigué peut avoir envie de se reposer à n'importe quelle heure du jour. Il ne se trouve à l'aise dans l'usage d'aucun des termes de ses dictionnaires. Voyons plutôt.
Sieste. - D'après le Robert, le terme vient par l'espagnol du latin (sexta hora, sixième heure du jour, théoriquement à partir du lever du soleil) et signifie strictement : un repos accompagné ou non de sommeil pris après le repas de midi ; le Larousse précise : repos, somme après le repas de midi, particulièrement pendant les chaleurs. Notre mérienne gallèse vient de méridienne (meridiana hora en latin tardif, l'heure de midi). A 10 heures du matin ou à 17 heures, au sens strict, je ne fais pas la sieste. Le Robert précise cependant : Par extension, sieste peut signifier sommeil, assoupissement.
Somme. - Le terme somme vient du latin somnus, sommeil. Action de dormir considérée dans sa durée, généralement courte. Faire un somme, faire un petit somme. - Mais on dit aussi : un bon somme, dormir d'un profond somme. Et même : ne faire qu'un somme, ce qui signifie : dormir toute la nuit sans s'éveiller.
Roupillon. - Sommeil bref. Piquer un roupillon.
Ce repos de l'octogénaire n'est pas toujours conclu par le sommeil, mais il peut comporter une heure de somnolence, de torpeur, de vrai sommeil ou deux heures ou beaucoup moins, avec un temps de calme en position allongée, avant de dormir ou après avoir somnolé. Le temps de strict sommeil est variable et je n'entends pas qu'il rend l'harmonique du petit somme, encore moins du roupillon, des termes souvent appliqués au sommeil de l'enfant.
Ma pause ressemble vraiment à la définition du contenu de la sieste, mais l'usage que je fais du terme est effectivement abusif eu égard au moment précis. Cest donc par extension, un peu conforté par le Robert, que je me sers du terme sieste pour des moments de repos à n'importe quelle heure du jour. C'est le mot le plus attrayant à l'emploi.
L'aventure des mots est merveilleuse. Il faudrait aller vers les îles, la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion pour découvrir un mot enchanteur, musical, qui exprimerait avec justesse cette relâche de l'humain âgé, à n'importe quel moment du jour. Cela touche au cessez-le-feu, à la trêve et à l'escale.