Le piéton de la modeste cogitation matinale, qui ouvre son vocabulaire de philosophie tout jauni, peut y lire :
Optimisme : Opinion de ceux qui estiment que la somme des biens, en cette vie, l'emporte sur celle des maux. Spécialement, doctrine de Leibniz, en vertu de laquelle Dieu a créé le meilleur des mondes possibles. Vulgairement, c'est une disposition constante à interpréter les événements sous leur jour le plus favorable.
Pessimisme : Doctrines (Schopenhauer, Leopardi) affirmant que le monde est mauvais et que vivre est essentiellement souffrir. Vulgairement, c'est une disposition à voir constamment les choses sous leur jour le moins favorable.
Selon ma vétuste histoire de la philosophie, Schopenhauer voit dans la Volonté universelle et éternelle le principe de tout. Chaque personne humaine n'est qu'une conscience distincte et fugitive de ce Vouloir. Cette Volonté suprême suscite dans la conscience un désir toujours nouveau de bonheur non assouvi, c'est-à-dire une souffrance. Et chaque degré de perfection, en multipliant les désirs, multiplie les douleurs ; chaque satisfaction, en causant un désir plus grand, est source de douleurs plus grandes. Ainsi la douleur est l'état naturel de l'homme et le but où tend la nature. Notre monde est le pire qui soit. La seule morale est de détruire en nous la Volonté de vivre. Non point par la violence physique, mais par … l'art et par une démarche qui s'apparente au bouddhisme.
J'ai entendu une nuit sur France Culture que Schopenhauer avait choisi de vivre à Francfort à cause de la qualité des restaurants de cette ville …
Vu, en rentrant de la boulangerie un dimanche matin pascal, sur le menu d'un restaurant pour papis et mamies : Agneau de Baronnet au lait de poule, flan de cèpes. Il me semble que Schopenhauer se serait laissé tenter.