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Pour le fond, ce blog, résolument textuel, aura l'aspect de regards sur une ville aimée et de digressions. Pour la forme, il aura une préférence pour des fragments, ce genre estimé de Roland Barthes ; il ne sera pas sans complicité non plus avec la diversité des figures, des hétéronymes que généra Fernando Pessoa, l'écrivain portugais. Barthes et Pessoa se gardaient ainsi de toute volonté de persuasion.

PRÉFÉRENCE POUR LES PAUVRES ?

Publié le 16 Mars 2013 par Lesnen PetitsBois

Qu'est-ce qu'une option pour les pauvres ?

Cela peut être le choix d'un style de vie personnel. Exemple : un riche héritier vend tous ses biens, les distribue aux défavorisés et se met à vivre très simplement de son travail. Il habite dans un studio en banlieue. Il prend le bus comme les gens du commun, au lieu de circuler avec une BMW.

Cela peut aller plus loin, jusqu'à l'action sociale. Cet ancien riche crée une association. Pour nourrir les indigents, pour les vêtir, pour les loger, pour les aider à s'en sortir un peu entre eux. Il se dévoue dans une ONG pour secourir des gens tombés en grande détresse dans le monde. Ainsi il pare au plus pressé, aux urgences.

Cela peut se traduire dans une option politique. Cet ancien riche étudie l'histoire et il se dit que seuls les rapports de force changent la vie. Le système bancaire mondial ne se tranformera pas s'il n'y est pas contraint par la force. Les mal logés en France ne seront pas bien logés par les seules pétitions, par les seules manifestations des militants dans la rue, par des e-mails en chaîne. Tant que les forces de l'ordre seront plus fortes que les occupants d'églises, de coins de forêt, d'immeubles inhabités rien ne changera en profondeur. L'ancien riche se dit qu'il peut inciter les gens à partager généreusement, que cela aidera un peu les gueux, mais que cette charité volontaire ne fera pas disparaître les causes de la misère. Il faut une action politique pour établir d'abord la justice. Comment ? Soit par une grande réforme, soit par la révolution.

Une grande réforme ? De droite ou de gauche, on s'y emploie par petites touches. Chacun voit ce que cela donne. Certaines catégories de gens continuent de s'appauvrir. D'autres rejoignent la précarité. La crise du logement persiste chez nous, pays développé, depuis la dernière guerre mondiale, malgré le renfort de personnages charismatiques.

La révolution ? On l'a déjà essayée. Bilan : nomenklatura et goulag, puis retour à la corruption et à l'enrichissement des plus entreprenants.

Un journaliste commentant l'indignation d'un homme célèbre récemment disparu suggérait l'expérimentation d'autres manières de vivre, quelque chose comme l'action coopérative décidée par des volontaires. Cela nous renvoie au phalanstère de Fourier. Mais il faudrait que ces nouvelles façons soient suivies par assez de gens pour atteindre une masse critique. Et c'est une autre histoire. Pour l'égalité volontairement choisie, combien de divisions ?

Depuis ses origines l'homme est un prédateur pour l'homme. La violence intra-humaine est-elle guérissable ? Les humains dits de bonne volonté s'emploient à l'endiguer autant qu'ils le peuvent. Les résultats sont à la fois manifestes et modestes. Mais la violence ne fait-elle pas partie de la structure du monde ? Et comment cette aventure, par bien des côtés absurde, est-elle venue à l'existence ? C'est un problème que n'ont pas résolu les religions. C'est une énigme que ne dénouera pas la géopolitique. Et encore moins la philosophie.

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